À chaque année, je prends le temps de faire le bilan, je regarde ce qui a bien été et à l'inverse ce qui aurait pu être amélioré. Suite à la saison 2016, ma première année complète en tandem, j'avais identifié le besoin de gagner en coffre et de courir davantage. J'ai donc pris la direction du Mexique pour effectuer ma préparation dans d'excellentes conditions tout en travaillant sur quelques projets. 13 000km plus tard c'est l'heure de dresser mon bilan de mi-saison.


Premièrement, participer à la Vuelta Costa Rica en décembre 2016 m'a fait un grand bien. Je reprenais pour la première fois les courses individuelles de haut niveau depuis le Tour de Beauce avec l'équipe canadienne qui lui avait été plutôt médiocre. 

Hiver au Mexique

Au début janvier, j'ai continué la deuxième partie du trajet vers Aguascalientes, Mexique en compagnie de David Drouin qui lui aussi voulait préparer une belle saison. Entre les personnes qui me recommandaient avoir des bidons d'essence d'extra pour ne jamais arrêter en cours de route et d'autres qui me recommandait prendre une assurance vie, traverser la frontière mexicaine comportait son lot de stress.

Nous avons fait le voyage avec ma propre voiture, une Suzuki Swift 1994, que j'avais acheté à mes 20 ans. Petit détail qui nous a compliqué la vie, elle avait était enregistré au nom de mon père, pour économiser sur les primes d'assurance qui sont plus élevés pour les jeunes hommes. 10 ans plus tard, les papiers de changement de propriété n'avaient jamais été fait et cela a posé quelques soucis à l'enregistrement du permis d'importation temporaire du véhicule. Pour faire une histoire courte, il me fallait mon "acto de nacimiento". pour prouver que j'étais bien le fils du "propriétaire" du véhicule. Lorsque j'ai finalement obtenu une copie numérique de mon certificat de naissance, ce n'était pas suffisant. Selon lui, un certificat de naissance n'était pas le même document qu'un acte de naissance. Il m'exigea donc d'obtenir une plaque d'immatriculation temporaire aux États-Unis. J'ai donc du traverser à pieds un petit pont en compagnie de quelques centaines de mexicains pour me rendre aux bureaux d'immatriculation à San Laredo au Texas à 2-3 km du bureau de délivrance de permis Mexicain. Quelques heures plus tard, je retraversais le pont vers le Mexique avec ma plaque du Texas et j'obtenais mon permis d'importation de véhicule. Pas trop difficile de comprendre que l'agent mexicain aurait fort probablement accepté mon "certificat de naissance" si ce dernier avait été accompagné de quelques pesos... 

Avec tout ce temps perdu, moi et David avons fait escale à Monterrey pour y passer la nuit, car la conduite de nuit au Mexique m'avait été fortement déconseillé. Le lendemain, on mettait enfin le cap vers Aguascalientes. La réservation de ma location de maison à Aguascalientes n'avait pas bien été enregistré et en cours de route, j'ai téléphoné à un ami de longue date, Ramon Juarez, que j'avais connu à la Vuelta Costa Rica 2013. Ce dernier nous a invité à San Felipe, Guanajuato le temps que nous aurions besoin pour retrouver un logement à Aguascalientes.

Finalement, je suis resté là 3 semaines! À peine quelques jours arrivés, mon partenaire d'entraînement semblait préoccupé et je lui ai demandé ce qu'il se passait. Il me raconte avoir été tout juste contacté par le CCES pour un test positif hors compétition en décembre, désormais de domaine public suite à l'article de Simon Drouin dans La Presse. Je ne m'étendrai pas sur le sujet ici, mais connaissant David, je crois en lui et j'espère que le juge saura faire la part des choses lors de l'audience. 

Pour en revenir à l'entrainement, mon objectif pour les premières semaines étaient de m'acclimater à l'altitude, tout simplement et continuer à accumuler du fond. À San Felipe, les options de sorties n'étaient pas très nombreuses puisque c'est une petite ville et certaines routes sont fortement achalandés par les camions. Pour la première fois, j'ai souffert de l'altitude. Après un peu plus d'une semaine, j'ai eu de petits maux de têtes et des douleurs d'articulations. J'ai pris le temps de lever le pied et tout est rentré dans l'ordre. 

En février, j'ai finalement rejoint la ville d'Aguascalientes pour mettre en place mon lieu d'entrainement. Mon rêve est d'éventuellement acheter une petite maison et y faire des camps annuels de haute performance. D'ici là, je loue et j'étais bien heureux d'accueillir le français Alexandre Latil pour 2 semaines comme premier participant. Excellent grimpeur et super personne, on a effectué un très bon bloc d'entraînement ensemble toujours dans les conditions toujours parfaites d'Aguascalientes.


Alexandre Latil après avoir monté le Congoja, un col de deuxième catégorie de 10km.


Mon traffic préféré; les vaches

En avril, David est revenu ainsi que Vicky Clouet et son copain Antoine, patineur sur l'équipe national de patinage de vitesse. On n'était pas nombreux, mais c'était super sympa et tout le monde a adoré son expérience.


BBQ près d'un lac à proximité de la maison cycliste

C'est un début de camps cyclistes modeste, mais Aguascalientes a définitivement tout pour plaire:
- choix de parcours très variés et sécuritaire
- ville et région considéré comme étant la plus sécuritaire au Mexique
- nourriture et logements très abordable
- altitude modéré (1860m)
- proximité du vélodrome le plus rapide sur la planète, un plus pour les pistards ;)

Bref, ce sera assurément de retour les prochaines années! Vous pouvez d'ailleurs déjà remplir le formulaire d'application 2018 ;)


Vicky et Antoine profite du ravito à l'eau de coco

Finalement, en plus de l'entraînement, j'ai investit mon temps dans quelques projets entrepreneurial dont la conception de valises de transport vélos et une plateforme web sur le cyclisme. Plus d'info à venir très bientôt je l'espère!


Premier objectif de saison: Coupe du monde à Maniago

Mon premier objectif de saison était la coupe du monde de Maniago en tandem avec Daniel Chalifour. Avec 4 mois d'entraînement au Mexique, en altitude, j'avais un niveau de forme ascendant très élevé. Le contre-la-montre a Maniago était assez plat et peu technique favorisant les tandems puissants. Moi et Daniel sommes probablement le tandem le plus "léger" du lot, mais nous nous sommes bien défendus en terminant à moins de 30sec du podium, en 8ème position. Les anglais ont dominé l'épreuve 1min30 devant nous avec une cadence particulièrement basse (76rpm). Est-ce que les cadences basses pourraient favoriser l'efficacité mécanique en tandem ? À voir. 

Deux jours plus tard, c'était la course sur route, sur un circuit technique comportant des pavés à Maniago. Moi et Daniel étions très confiant. Si le clm ne nous favorisait pas, en revanche, le parcours de la route avec les nombreux virages nous favorisait grandement. Malheureusement, un manque de vérification de pression de pneus nous aura envoyé au sol au tout premier tour de circuit. La pluie ayant rendu les pavés humides et la pression de nos pneus définitivement beaucoup trop élevé aura été impardonnable. Le pire dans tout cela aura été la nouvelle plus tard dans la journée de la fracture de la tête du fémur de Daniel. Pouvez vous imaginer chuter avec un bandeau sur les yeux! Les athlètes en paracyclisme sont définitivement des champions.


Maniago crash - photo credit @ Bert Willems

Changement de cap

Avec la blessure de Daniel, la saison était définitivement chamboulé et il était fort improbable que Daniel puisse revenir en selle d'ici aux championnats du monde, notre objectif de saison, à la fin août. Avec mon coach, Éric Van Den Eynde, on a donc convenu d'un programme de course me permettant d'être compétitif pour viser les championnats nationaux à Ottawa à la fin juin. Je n'avais pas fait les championnats élite l'année dernière, mais je croyais que le parcours d'Ottawa convenait à mes qualités.

Étant déjà en très bonne condition physique, ce qu'il me manquait, c'était surtout de courir pour retrouver mes repères et le rythme de compétition. Mon programme comportait donc le GP de Charlevoix, le Tour du Saguenay et le Tour de Beauce. 

J'ai entamé le GP de Charlevoix avec un peu de fatigue suite à une grosse semaine d'entraînement et à partir de là, je n'ai pas été capable de l'éliminer de course en course, ce qui fait qu'à chaque fois je prenais le départ avec une forme supérieur mais de moins en moins de fraicheur. Pour performer, il faut les deux... J'ai donc fait le Tour du Saguenay en la jouant prudent et à l'économie. Deux jours de repos plus tard, c'était ensuite le Tour de Beauce. La première étape était la même que l'année précédente et je savais à quel point elle pouvait être difficile. Dès le premier tour du circuit, après avoir du boucher 2-3 cassures, je me suis dit qu'il valait mieux être en échappée que de subir les bordures. J'ai donc attaqué au 2eme tour pour rejoindre 7-8 coureurs déjà échappés. D'autres se sont joint ensuite et rapidement il était évident que l'écart n'irait qu'en augmentant. Vers la fin de course, mon manque de fraicheur m'aura coûté et je n'ai pas été capable de suivre le rythme pour pouvoir disputer la fin de course.

Les étapes suivantes ont été difficile et la fatigue musculaire très élevé. En revanche, ma condition physique me permettait de passer à travers et plus ça allait, mieux ça allait. À la dernière étape, un mauvais positionnement m'aura sortit du peloton dès le premier tour et ensuite les commissaires ont décidés de sortir les coureurs doublés même en respectant le % de hors délais. Enfin, les devoirs était fait et il ne restait plus qu'à récupérer d'ici au championnat canadien.

Courant seul sous les couleurs d'Apogée / RBC, je savais que les championnats serait une course d'opportunisme et qu'il fallait bien jouer ses cartes. Le circuit technique était très rapide et la vitesse était impardonnable pour les incidents avec une moyenne supérieur à 47kmh pour la première heure. Je me sentais très bien et je flottais en tête de course. En revanche, après une heure, un orage électrique aura forcé la neutralisation de la course pour une quinzaine de minutes. Après le nouveau départ, je n'étais plus le même et je n'avais plus les jambes pour rester suffisamment à l'avant pour me protéger des cassures. Encore aujourd'hui, je me questionne sur la raison; j'ai peut-être enlevé trop de pression dans les pneus, peut-être manqué de nourriture, je ne sais pas.

Au contre la montre, ce ne fut pas bien mieux. La météo était encore pire et alors que je voulais me réchauffer, il grêlait et comme on dit en québécois, il pleuvait à siaux. J'ai donc fait le clm à froid, mais malgré de bonnes sensations je suis terminé pas mal loin de Svein Tuft. Les watts étaient correct et donc j'ai du travail à faire sur mon positionnement ou sur certaines pièces d'équipement afin de déterminer ce qui ne fonctionne pas.

Finalement, j'ai pu terminé sur une meilleure note bien qu'un peu amer au critérium le lendemain ou j'ai été actif et terminé 10ème au sprint, en partant d'assez loin. Avec 5-6 coureurs chacunes, les formations Silber et Garneau avaient des trains à l'avant du peloton et donc les possibilités de se placer au sprint étaient assez minces. Félicitation à P-A Côté pour la victoire.

Peak de forme en retard...

Après quelques jours de repos, j'ai repris l'entraînement et effectué un test CP4 chez moi et visiblement la fatigue n'avait pas été complètement éliminé pour les nationaux et mon peak de forme n'était pas encore arrivé.

Ces dernières semaines, je roules principalement pour le plaisir et participe aux courses du calendrier québécois et je fais régulièrement mes "meilleurs chiffres" de puissance à l'entraînement. C'est un peu frustrant, puisque les courses de haut niveau sont derrière moi, mais comme relativiserait mon coach Éric, l'important est d'en tirer une leçon et de continuer de l'avant. 

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